Hello,

Que de temps depuis mon dernier article, plus d'un mois......

Et je vous disais déjà dans ce dernier article que j'en manquais, de temps!

On ne change pas une équipe qui gagne, du moins qui joue et c'est déjà pas mal, chez Les Bertouilles, on court après le temps.

Comme chez vous, j'imagine, les enfants sont crevés, les parents aussi d'ailleurs et le soleil qui se couche dès 17h00 n'est pas pour aider.....

Le rush de la fin d'année, la course aux cadeaux de Noël, merci à la voisine de prendre tous les colis que le facteur souhaite déposer chez moi, elle me fait gagner des heures de queue à la poste!!!!

Bref, on court, on court mais cette année on court pour une bonne raison.

Tous les ans, à la même époque, je frise la folie. Entre la joie de Noël qui en fait se transforme en orgie de consommation de tout et rien et la fatigue de l'hiver, tous les ans, je déplore de faire ce que je fais comme je le fais.

Difficile de me suivre là, non?!!

Tous les ans, je fais comme bon nombre d'entre vous, j'écume les rayons jouets des magasins dès le mois de Novembre. Avant la Saint Nicolas, les placards débordent déjà de cadeaux en tout genre. Tous les ans, je m'agite dans tous les sens pour décorer, pour préparer, pour tenter de capter la magie de Noël.

Et tous les ans, quelques jours avant la visite du gros barbu, je me pose un instant et m'aperçois de la frivolité de tout cela, de la superficialité de toutes ces lumières et surtout tous les ans je fais le même constat:

Mes enfants trouvent cette débauche de cadeaux tout à fait normal et surtout ils ne s'émerveillent plus de rien.

- Oh regardez comme c'est jolie cette décoration, on voit que la personne a pris du temps et a mis du coeur à l'ouvrage!

- On s'en fout, nous on veut ci et ça et puis aussi ça etc...........

Tous les ans, je fais cet amer constat, tous les ans, je me maudis de participer juste à un Noël commercial.

Il se trouve que Les Bertouilles ne sont pas croyants. Pour autant, cela n'empêche pas de profiter de cette fête pour célébrer la famille, les liens amicaux, le partage, bref pour profiter de la vie et de ses proches et pourquoi pas pour penser aussi aux autres.

L'année dernière, je n'ai rien changé à mes habitudes, faute de temps!

Mais tout au long de l'année, ce constat m'est resté, nous vivons dans une société égoïste, indifférente, impersonnelle et cela nous semble désormais normal de ne plus tendre la main, de ne même plus regarder au delà de notre nombril.

Alors j'ai contacté des associations.Oui, c'est une chose de constater qu'on ne fait plus rien pour les autres, c'est une chose de s'en indigner, mais si on n'agit pas, ça reste des paroles.

De jolis paroles certes mais concrétement, ça ne change rien.

Malheureusemet, ces contacts n'ont rien donné et à dire vrai, je me suis même demandé si ça valait le coup de vouloir aider car je n'ai franchement pas été reçue très cordialement...

- Ecoutez Mme, vous n'avez que votre mercredi matin et quelques heures le week-end de libres, que voulez-vous faire comme bénévolat? C'est à temps plein ou rien! Il faut savoir ce que vous voulez!

Oui, oui une antenne d'une association nationale d'aide aux plus démunis m'a reçue de cette façon......

Donc à les croire, seuls les retraités, les nantis et les chômeurs peuvent aider les autres.

Je me suis alors tournée vers une association dont l'objectif est d'aider une population en nette évolution en Europe depuis quelques mois. En me tournant vers cette association, je savais bien que j'allais sur un terrain, disons, épineux.

Soyons clairs, quand on dit je veux aider les autres, beaucoup dans l'entourage trouve cela formidable.

Quand on passe à l'action, il y a déjà moins de monde enthousiaste. Oui parce que bon aider les autres, c'est leur donner du temps mais aussi de la chaleur humaine alors les faire un peu entrer dans sa vie et là, l'entourage n'est pas toujours si ouvert que cela...

Et quand on choisit le domaine que j'ai choisi, croyez-moi, on compte peu mais alors vraiment peu de personnes solidaire du projet. A dire vrai, on contate même de l'antipathie, du mépris, voire de la haine.....

Car il se trouve que j'ai choisi de venir en aide aux migrants.

Je déteste ce terme, il sous entend que la personne choisi de migrer, comme si elle voyageait et qu'ensuite elle retournerait dans son pays.

ça n'est pas le cas, bien au contraire....Réfugiés est un terme qui convient bien mieux selon moi.

Bref, au printemps, j'ai contacté une association qui m'a reçue les bras ouverts, malgré ces juste quelques heures de disponibles pour être bénévole.

Malheureusement, je n'ai pas pu devenir bénévole, les lieux pour venir en aide se situer trop loin de mon domicile, j'aurais passée plus de temps sur la route quà faire du bénévolat.

Je suis donc retournée à mon train-train quotidien enfin plutôt mon tgv-tgv!

Mais toujours avec cette sensation de ne pas être raccord avec moi-même dans ce monde qui nous échappe et dont les valeurs sont incompréhensibles, un monde qui ne tourne qu'autour de la consommation, la superficialité et l'indifférence.

Et puis, incroyable mais vrai, quasiment, à ma porte, un centre temporaire d'aide aux migrants à ouvert ses portes.

Je me suis présentée de suite et me suis proposée comme bénévole.

C'étais en Octobre et depuis, j'ai l'immense chance de cotoyer des gens dont la vie a brutalement basculé dans l'horreur, des gens qui forcent l'admiration tant leur parcours est dramatiquement courageux.

Alors, c'est sur, je cours encore plus qu'avant!

Car maintenant, les moments qui étaient consacrés au ménage, aux courses, au sport et au blog sont consacrés au cours de français et à la transmission de la culture française. Et de ce fait, car, je ne change pas, la maniaquerie fait partie de moi, je me tape le ménage et les courses comme je peux quand je peux ce qui allonge considérablement mes journées déjà bien remplies!

Mais, enfin, je suis en mesure de faire quelque chose pour apaiser mon indignation.

Et puis, je m'aperçois qu'en réalité se tourner vers l'autre, l'aider et bien c'est aussi très bénéfique à titre personnel!

Et si si, le truc con, en aidant les autres, je m'aide!

Au delà de la rencontre humaine, source d'enrichissement culturel et  émotionnel, j'apprends aussi sur moi-même. Je me pensais pas capable d'autant de patience par exemple!

Et puis je développe mon sens pédagogique, et pour le coup, en plein marasme professionnel, en plein réflexion sur un éventuel projet de formation, cette nouvelle corde à mon arc est la bienvenue!

Ce qui est vraiment formidable dans cette aventure, c'est que les enfants me suivent et découvrent que parfois la vie joue de sale tour, que tout ne tombe pas tout cuit du ciel, ou du moins du porte-monnaie de maman, et que oui avoir des jouets à Noël c'est top mais aller jouer avec celui qui n'a rien c'est bien plus enrichissant.

D'ailleurs, pour Noël, ils nous ont demandé s'ils pourront aller voir leurs copains Yasser et Nazeer pour leur montrer leurs cadeaux et aussi pour jouer avec eux. Oui, pas fous, les gamins Bertouilles, ils ne vont quand même pas s'assoir sur leurs cadeaux de Noël et d'ailleurs ce n'est pas mon but ni mon envie, mais ils comprennent que la vie ne peut pas être que superficielle et frivole, que la vie ne peut pas tourner qu'autour de ce qu'on achète et qu'être avec les autres, aider ce qui en ont besoin c'est quand même bien plus important que la dernière paire de pompes à la mode, le dernier smartphone ou la dernière console de jeux.

Alors cette année, comme tous les ans à cette période, je cours, je cours.

Mais cette année, je ne cours pas après un Noël plus futile que celui de l'année précedente, non cette année, je cours juste après le temps.

Et quand l'heure d'ouvrir les cadeaux sera arrivée, avec les enfants on se dira qu'on est chanceux et on pourra savourer ce moment.

Quelques heures plus tard, avec nos nouveaux amis, on pourra profiter simplement d'un moment conviviale durant lequel j'aurai bien conscience que ces embrassades, ces paroles sincères et amicales échangées en franglaisarabe, sont d'une richesses inestimable. Et que malgré mes petits tracas de parent salarié toujours en retard, en stress et en galère avec une maison dont les travaux n'en finissent plus, c'est une chance de vivre en France en 2016.

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Et du coup, je vous dis à bientôt mais certainement pas si tôt que cela!!!!!