Hello,

J'ai posté un article il y a une quinzaine de jours dans lequel je vous faisais part de mon engagement bénévole auprès de refugiés.

Je dois vous avouer que j'ai longuement hésité à poster cet article.

Oui car, je ne suis pas idiote, je sais bien que c'est un sujet sensible qui a vite fait de tourner à la guérilla entre les pros et les antis et comme mon blog n'est pas un lieu de confrontation d'opinion, mais juste mon point de vue sur la vie pas toujours rigolote de maman débordée, j'ai réfléchi à deux fois avant de publier.

Ce qui m'a décidé c'est que déjà je n'ai pas l'impression de faire quelque chose de mal!

Et ensuite c'est que mon engagement, que je le veuille ou non, a forcément des répercussions sur ma vie de famille et sur l'éducation de mes enfants. Et là pour le coup, on est pile dans le sujet du blog!

Alors rassurez-vous, je n'ai pas radicalement changé ma façon de faire avec les enfants!

De toute façon avec 3 caractères de cochons bourricots qui n'en font qu'à leur tête, j'aurais beau essayer de tourner le problème dans tous les sens pour tenter de changer ma façon de faire, faudrait déjà que j'arrive à obtenir 4 minutes de calme pour penser posément avant de pouvoir changer quoique ce soit!

Oui parce que je vous prie de croire que les jours avant Noël ont été un calvaire de caprices, d'énervement, d'excitation et de stress!

Oui mes enfants à quelques heures de Noël ont commencé à grave flippé en se demandant s'il n'y avait pas une toute petite once de vérité dans l'histoire du "faut être sage pour que Papa Noël amène des cadeaux".

Preuve qu'ils sont bien conscients d'être infernals au possible!

Bref Noël et son lot, son très gros lot, de cadeaux sont passés.

L'énervement et les caprices ne se sont pas envolés. Le stress, si. Compte-tenu de la montage de cadeaux, pas de doute, Papa Noël se fout bien de savoir si les gosses ont été ou non sages durant l'année!

Et me voilà donc en vacances, seule, avec les trois marmots toujours aussi ingérables mais avec plus de jouets qu'auparavant donc plus de possibilités d'en mettre partout dans la maison!

Vacances obligent, je ne suis pas en mesure de donner mes cours de français à mes amis réfugiés.

Mais je peux, avec les enfants, me rendre au centre et échanger sur tout et sur rien, en français bien entendu, tout en savourant un petit café!

Alors, c'est ce que nous faisons tous les jours.

Forcément, ces échanges me font réfléchir et forcément pour les garçons c'est la même chose.

Le jour de Noël, ils ont joué avec leurs nouveaux cadeaux avec les réfugiés et avec leur innocence d'enfant, ils ont posé des questions.

- Pourquoi, ils n'ont pas eu de cadeaux eux?

- Et pourquoi ils ne font pas Noël avec leur famille?

- Et ils sont où leur papa et leur maman?

Forcément, là pour le coup, ils apprennent, ils réfléchissent, ils consolent et surtout ils savourent leur chance.

C'est la même chose pour nous adultes, peut-être même plus important pour nous, car évidemment, aux enfants, on épargne beaucoup de choses.........

Cette semaine, à défaut donc de cours de français, ce que j'ai échangé avec les réfugiés c'est juste des morceaux de vie.

Un café pendant lequel je leur ai parlé de la galette des rois! C'est tout bête mais oui en France en Janvier à l'Epiphanie, on mange de la galette!

Gabriel a joué aux jeux de société, fait du ping pong et même gagner une partie de basket au grand désarroi d' Ismaël!!!!

Raphaël et Anaël ont partagé des moments tout simple de joie.

Oui, je m'aperçois que de tout âge et de tout horizon, les mecs sont pareils.

Ils font les cons!

La bagarre, jeux de mains jeux de vilains, appelle ça comme tu veux, chez moi on dit

- Arrêtez de faire les marioles!

Compte tenu de l'imagination débordante et de l'énergie inépuisable de mes deux diablotins, je passe quand même beaucoup de temps à répéter.

- Non ne fais pas ça!

- Arrêtes c'est dangereux!

- STOP!!!!

Tous les réfugiés du centre, à force d'entendre ces réprimandes, prononcent donc parfaitement ces mots!

Et tant mieux!

Oui, car je dois dire qu'ils m'aident énormément à canaliser mes tornades et sans ces mots, ils auraient du mal à faire passer le message!

Car cette semaine, moi j'ai appris la véritable signification d'un proverbe africain, dont on ferait bien de s'inspirer!

"Il faut tout un village pour éduquer un enfant".

Car le grand jeu d'Anaël en ce moment c'est de s'enfuir.

C'est pénible, stressant et agaçant au plus haut point.

Monsieur se barre dès que j'ai le dos tourné. En riant, sans regarder exactement où il va et en se moquant éperdument du danger qui le guette.

Je suis occupée avec Raphaël, il se barre en courrant plus vite qu' Usain Bolt.

Autant vous dire qu'il m'a fait plus d'une frayeur ces derniers jours. Mes amis réfugiés ont bien compris le manège du gamin et le récupèrent donc dans sa folle course et le réprimandent. Merci les gars, on a évité la catastrophe plus d'une fois.

A dire vrai, on l'a même frolée hier.

Alors que j'aidais Raphaël a fermer son manteau, Anaël s'est enfui. Personne dans le couloir, donc personne pour l'arrêter. J'ai courru jusqu'à la porte du centre, voyant que 3 éducateurs étaient présents à la porte, je me suis dit qu'Anaël n'avait pas pu sortir du centre.

Grosse erreur!

Si mes amis réfugiés, qui pour certains ne parlent pas notre langue, ont bien vite compris que mon fils de 4 ans était espiègle pour ne pas dire ingérable et que moi, maman débordée, j'avais besoin d'un petit coup de main de temps en temps, manifestement, des gens responsables d'autrui, avec qui je parle tous les jours, n'ont pas pensé qu'interdire la sortie du centre à un gamin de 4 ans courant et riant de son mauvais coup était une bonne idée.

Alors, j'ai demandé

- Vous n'auriez pas vu mon fils?

Et alors que je ne pouvais y croire, j'ai entendu

- Ben si, il est sorti il y a quelques minutes.

J'ai courru et retrouvé mon fuyard, ouf sur le trottoir mais dans une rue très passante et dangereuse à 30 bon mètres du centre!

Autant vous dire, que Monsieur s'est bien fait engueulé par maman et qu'il a pris plusieurs bonnes leçons de morale en franglaisarabe!

Honnêtement, j'ai encore du mal à comprendre l'attitude des adultes qui n'ont pas bougé un petit doigt devant ce petit garçon qui s'est enfui dans la rue.......

Ceci dit, il m'est déjà arrivé de me faire engueuler par une dame sur la plage, car elle n'avait pas apprécié que je parle à son fils, un petit garçon de 5 ans tout au plus, en larmes et perdu à la recherche de ses parents!!!

Alors vous l'aurez compris cette semaine Anaël n'a pas appris la sagesse ou l'obéissance. Moi je n'ai pas appris l'autorité et compte tenu que mes 3 formidables enfants sont en train à l'instant même de se battre, aucun n'a appris la paix entre frères....

Mais nous avons appris quelques mots d'arabe, Anaël a été initié au djembé et manifestement il est doué! Nous avons appris à connaître un peu plus les résidents du centre et surtout nous avons échangé sur le quotidien au Soudan, au Niger et en France et nous avons crée des souvenirs mémorables et tissés des liens d'amitié trè forts.

Pas mal pour des vacances de Noël je trouve!


images