Hello,

Cette année est une année de transition chez Les Bertouilles. En réalité, c'est juste une année de changement pour moi mais forcément ça chamboule le quotidien de toute la famille. Reconversion professionnelle, changement d'activité, virage à 180°, on peut appeler cette période comme on veut, on peut même lui trouver des expressions valorisantes, il n'en reste pas moins que pour le moment, Maman Bertouilles ne travaille pas.

Pas le temps de se lamenter sur son sort, à défaut d'être un choix sûr et certain, c'est un temps absolument nécessaire pour enfin trouver un job que j'aime et qui me permette de concilier vie de famille et épanouissement professionnel.

Pour rappel, il y a 4 ans, j'adorais mon métier mais je travaillais tout le temps, n'étais jamais disponible pour les enfants et ma tension était plus proche de 25 que de 12!

Mais ces deux dernières années, je passais beaucoup de temps avec les enfants, notament toutes les vacances scolaires, je n'avais aucune pression de résultat au travail et pour cause j'avais juste l'impression d'attendre que l'aiguille de l'horloge veuille bien avancer, alors oui ma tension est redevenue normale, mon coeur ne palpite plus mais voilà c'était bien cela le problème, si mon coeur ne bat pas la chamade, j'avance pas!

Bref, il existe sûrement un monde entre ces deux extrêmes et le temps de le trouver et de me former, je suis obligée de passer par une période plus calme d'introspection, mais néanmoins enrichissante tant sur le plan personnel que sur le plan professionnel - oui elle parle vachement bien ma conseillère emploi!!! - bref, bien obligée de passer par la case chomdu!

Forcément, quand on est branchée sur 100 000 volts comme moi du matin (pas trop tôt quand même) jusqu'au soir, les périodes d'inactivités sont difficiles à gérer. Alors, j'ai décidé de ne pas être inactive. Ce n'est pas compliqué, les copines appellent pour boire un café ou manger un midi et le plus souvent je réponds et c'est sincère:

- Désolé, je ne peux pas, je suis débordée!

Tout d'abord je continue les cours de français pour les réfugiés. Moins d'élèves, moins de cours c'est certain mais un niveau de plus en plus élevé ce qui me donne du travail en amont.

Je m'occupe aussi un peu de moi, ben oui l'introspection, le réfléchissement Jean-Pierre suivi de la recherche d'une formation, les divers documents à remplir etc.........

Je m'occupe aussi en bricolant.

Octobre 2017

Et puis, quitte à avoir un peu de temps, j'en fait également profiter les enfants. Ils ont bien compris que cette situation n'allait pas perdurer, ils ont aussi flaîré le mauvais coup, genre maman est à la maison mais après elle va se rattraper en bossant beaucoup alors et c'est normal ils veulent en profiter.

D'abord c'est Gabriel qui m'a lancé, l'air de rien:

- Le 16, tu fais rien?

Devant mon regard quelque peu noir, il a de suite rectifié:

- Le 16, tu n'as pas de rendez-vous?

Non parce que je ne suis pas salariée d'accord, mais ne rien faire, ça cadre pas vraiment avec moi!

- Nan, le 16, j'ai rien pourquoi?

- Je t'ai inscrit pour le cross de l'école.

Hein, quoi???????????

Il est dingue cet enfant! Je n'ai pas le temps de faire du sport, oui tu as bien lu, je n'ai pas le temps, je suis débordée je te dis! J'ai pas couru depuis des lustres parce que mon genou droit tient pas le choc et lui, il m'inscrit à un cross.

Après m'avoir fait mariner quelques minutes, il commence à devenir balèze en carabistouilles celui là, faut que je me méfie, il m'annonce tout fière de sa blague qu'en réalité il m'a inscrite pour accompagner sa classe à un cross.

- Tu veux bien, hein maman?

Et j'ai accepté. Quand tu bosses, tu regrettes toujours de pas pouvoir accompagner les enfants aux sorties scolaires, de pas avoir le temps de t'impliquer dans la vie de l'école, alors là, j'ai l'ocassion de le faire, et ça fait plaisir au gamin, ce serait dommage de pas le faire.

Manque de pot, le cross a été annulé, il est peut-être repoussé au 14 novembre, Gabriel m'a à nouveau inscrite.

Pendant ce temps là, les deux petits, pas en reste, sont allés voir les maîtresses pour dire que maman était disponible pour l'accompagnement au sport. Dans la classe d'Anaël, c'est un peu compliqué, beaucoup d'enfants, deux niveaux et une maîtresse remplaçante alors la proposition du gamin n'est pas tombée dans l'oreille d'une sourde. Hop, mon nom affiché en grand, en gras sur la feuille à l'entrée de la classe pour le vendredi 13 après-midi.

Un 13 en plus, ça va me porter la scoumoune ça...

Raphaël a donc piqué une crise, et pour cela il est fort, et je me suis donc fait embarquée de force le jeudi 12 au matin.

Aller à la salle de sport avec 22 gamins, je vous assure, c'est toute une aventure.

Ils sont 22 dont un plâtré, ça fait donc 21 gamins qui vont faire du sport plus un qui n'a pas le droit d'en faire et qui pourtant veut en faire. Sportif!

D'abord, on prend le bus. Pour un court trajet de 5 minutes mais avec 22 gamins surexcités, c'est long, mais long!

Ils ont été adorables et connaissent les règles de sécurité donc les appliquent mais purée ils ont toujours un truc à dire. Et forcément j'étais l'attraction du jour.

- Hé madame, comment tu t'appelles?

- Maman de Raphaël pourquoi t'es là?

- Pourquoi t'as les cheveux courts?

- Et pourquoi...............

Tu peux mettre tout et rien derrière ce pourquoi, perso, j'ai un petit soucis auditif alors j'entendais rien mais je voyais la maîtresse bien rire dans son écharpe.

Une fois à la salle de sport je constate la maîtrise de madame la maîtresse. Les enfants avancent deux par deux, main dans la main, sans crier, sans faire les foufous et sans que madame n'ait à élever la voix.

Chapeau madame, c'est quoi ton secret??? Tu les drogues? Comment tu fais? Purée les miens, se donner la main, même pas en rêve, avancer dans le calme sans se bousculer, je les ai jamais vu le faire, mais comment elle fait???? C'est une magicienne!

Dans la salle préparée par un éducateur sportif de la ville, 6 ateliers. 2 de lancer, 2 de course et 2 de saut. Les enfants devaient choisir 3 ateliers et s'entrainer car la semaine prochaine, ils seront évalués.

Le charmant monsieur m'explique ce que je dois faire sur deux ateliers. J'ai hérité de la course de haies et du triple saut. La course de haies, c'est facile, les gosses courent et sautent, ils gèrent. J'ai même pas eu à faire infirmière car je n'ai eu qu'un gadin et la gamine s'est relevée genre même pas mal, même si je voyais bien que sa fierté en a pris un sacré coup!

Pour le triple saut, ça a été une autre paire de manche. Il faut courir puis faire 2 grands pas et finir par un saut à pieds joints. Les gamins se souvenaient plus trop et moi le triple saut c'est pas mon truc. Mais bon, t'es là, t'es l'adulte, alors assume!

Me voilà donc, devant les enfants ébahis par ma prestance et mes performances, je cours, je fais deux grands pas et hop un saut incroyable et même que je suis même pas tombée sur mes fesses! Et je me relève toute fière, applaudie par les enfants et donc regardée par la maîtresse et l'éducateur, qui ne cachent pas leur hilarité. Faut dire que je m'amuse comme une gamine et que je le cache pas, ça doit être marrant à regarder.

Les gamins, eux étaient gonflés à bloc, ils ont donc enchainés les triples sauts puis l'éducateur a décidé de leur faire faire une course en relai. Alors là, c'était de la folie. 4 équipes, du challenge, un témoin rouge, un autre violet et le but du jeu courir plus vite que les copains. C'était rigolo, entre les compétiteurs qu'il faut un peu calmer, on n'est pas aux JO, tu te calmes! Et à l'inverse, les Pierrot la Lune qui seraient mieux dans un coin avec des lego ou un bouquin qu'il faut encourager et rassurer, c'était vraiment sympa d'être là.

On a fini la séance par un temps calme, entre les étirements et le yoga, vachement bien pensé pour des gamins de 5/6 ans.

Nous revoilà donc dans le bus, il a fallu gérer une dispute entre Raphaël et Juliette qui voulait tous les deux se mettre à côté de moi, je suis devenue leur mascotte.

Et puis, le retour à l'école, avec forcément des larmes. Pas les miennes, non, moi même si j'étais contente d'avoir participer à cette séance de sport à l'école, j'étais aussi contente de repartir pour vaquer à mes occupations. Mais, Raphaël, lui aurait préféré que maman reste toute la journée à l'école. D'après sa maîtresse ce matin, il a eu un gros coup de cafard pendant et après la récréation que même Charlotte son amoureuse n'a pas réussi à atténuer.

Le lendemain après-midi, rebelotte mais cette fois-ci avec la classe d'Anaël, les moyens et les grands de maternelle. Et alors là, ça n'a pas été du gâteau!

Pu*ain, oui y'a pas d'autre mot, mais comment elle fait la maîtresse pour survivre à ça??????????????

28 gamins, 2 étant malades, 1 maîtresse, 1 atsem et 4 mamans et pourtant, on était totalement débordé!!!!!

Rien que pour préparer les gamins et les mettre dans le bus, ça a pris 25 mn!!!!!!

Dans le bus, festival de crises de nerfs. Un ne sait pas mettre sa ceinture, l'autre passe son temps à l'enlever, une chouine car elle trouve plus son écharpe qui en fait est autour de son cou, une autre refuse de s'assoir tant qu'on n'aura pas écouter jusqu'au bout son histoire de lapin je sais pas quoi parce qu'il y avait tant de bruit que j'entendais même pas les petites voix dans ma tête hurler

CASSE-TOI!!!!

On a finalement réussi à atteindre les vestiaires de la salle de sport. Là, la foire d'empoigne pour faire 6 équipes.

images

On est vendredi après-midi, à une semaine des vacances scolaires, ce sont des petits de 4/5 ans, ils sont crevés, la plupart enrhumés, la maîtresse est manifestement crevée et peut-être dépassée par tout ce qu'elle doit gérer depuis 3 semaines au pied levé, nous les mamans on est partagé entre l'effroi, purée va falloir gérer ces tornades????? et la joie, oh la vache les autres enfants sont pires que les miens!!!!!

Bref, me voilà avec 5 gamins de moyenne section. Je n'ai pas souvenir que l'année dernière, mes gosses étaient encore autant bébé............... 2 filles, 3 garçons, perdus, un peu apeuré, ils ne me connaissent pas, et 9 ateliers que je ne connais pas mais sur lesquels les enfants vont devoir évoluer.

Par chance, le même charmant éducateur que la veille vient me saluer et m'explique ce que doivent faire les enfants. Facile.

Enfin sur le papier! Parce qu'en vrai, les enfants sont fatigués ou pas très intéressés par le sport, mais toujours est-il qu'ils galèrent sur chacun des ateliers. J'en ai même un qui finira dans mes bras car après avoir paniqué sur l'atelier 3 duquel j'ai du le sortir, s'est mangé un gadin sur l'atelier 5, qui sera le dernier qu'il osera abordé. Il a donc fini la séance dans mes bras. Mon écharpe, elle finira dans la machine le soir même car le gamin a passé son temps a se moucher dedans................

Le trajet du retour a été au moins aussi rocambolesque que l'aller. Honnêtement, en deux heures de temps, j'étais vidée de toute mon énergie.

Anaël avait l'air content que je sois là même si je n'ai pas pu faire les activités avec lui. Pas grave, le coquin a profité de mon absence pour zapper le temps activité périscolaire et pour repartir avec moi sitôt le sport fini. Et hop, ni vu ni connu, une heure en tête à tête avec maman!

Conclusion de ces accompagnements sportifs, hé bien c'était intéressant mais non merci, je ne vais pas poursuivre!

C'est vraiment un job, que dis-je, c'est une vocation de s'occuper des enfants des autres, et manifestement, c'est pas ma vocation!